Dernière mise à jour le 7 février 2021 par LMD
L’apprentissage de l’écriture est une question ancienne.
Aujourd’hui de nombreuses initiatives sont prises pour innover en terme d’éducation, notamment par l’emploi de supports numériques.
Prenons comme exemple le travail d’Eloïsa Perez qui interroge le rôle du design graphique dans la transmission des savoirs.
Ses travaux portent essentiellement sur l’étude des systèmes graphiques en usage dans les supports pédagogiques. Son dernier projet, Learning forms traite de l’acquisition de l’écriture en école maternelle. En observant les premiers gestes des enfants à l’école, la designer a développé des outils adaptés aux besoins qu’elle a identifié (formes à manipuler, puzzle, normographes). Ils permettent la compréhension des lettres capitales qui convoquent des éléments géométrie de base : courbe, droite. Ils donneront suite au développement d’une application -en partenariat avec le laboratoire en sciences cognitives et médias numériques de l’Ecole des Mines de Nancy- sur tablette avec laquelle les élèves pourront s’entrainer au tracé sur un nouveau support. L’application aura pour objectif d’enregistrer le tracé des élèves et de vérifier l’impact de l’écran sur l’apprentissage de l’écriture en le comparant avec un travail sur support imprimé.
Ce projet montre l’intérêt que peut avoir le dialogue entre un enseignant et un designer, qui peut lui apporter un regard nouveau sur les méthodes pédagogiques.
Il questionne aussi la place du numérique à l’école et interroge l’avenir de l’éducation, notamment en terme de supports pédagogiques.
En France, l’art est très important à l’école : la sensibilité, l’imagination, la création, le regard et le geste par le biais de dessins, compostions plastiques, observation et production d’images, font partie du programme de l’Education Nationale. Ainsi, la participation d’un designer peut aller dans cette idée d’amener l’art à l’école et pourrait également sensibiliser les élèves au design.
Il est intéressant d’observer les programmes pédagogiques d’autres pays. Par exemple, dernièrement, 45 états américains ont en partie exclu l’écriture en attaché de leur programme pour privilégier la maitrise du clavier d’ordinateur. De même, pour la rentrée 2016, la Finlande a décidé d’abandonner les cours de calligraphie en primaire au bénéfice de la dactylographie.
« Avoir de bonnes compétences dactylographiques est devenu d’importance nationale. Ce sera un bouleversement culturel majeur, mais savoir écrire avec un clavier est plus pertinent pour la vie quotidienne. »
En France, il semble que des changements de ce genre ne sont pas prêts d’arriver, Il existe un consensus, dans l’enseignement public comme privé, pour maintenir l’écriture cursive.
« Je suis convaincue de l’importance de préserver un geste moteur dans l’acte d’acquisition des lettres, contrairement aux méthodes qui encouragent sa disparition au profit d’un apprentissage sur clavier. » Eloïsa Perez
Par Emma Rigoli


Voir ce lien sur l’écriture scolaire :
http://www.tilekol.org/faut-il-imposer-un-modele-unique-decriture-cursive