Les conventions de l’information

Dernière mise à jour le 7 février 2021 par LMD

La version numérique du journal Le Monde

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Sans remettre en cause l’actualité comme elle se trouve aujourd’hui, réfléchissons sur la forme même d’un journal d’information, plus spécifiquement sa forme numérique.
Je pars de la réflexion selon laquelle l’organisation de la page découle uniquement de son contenu, dans aucun parti pris graphique : je le trouve plutôt neutre. J’y observe cependant des signes et des formes qui m’indiquent que je me trouve sur un site d’information, et que je retrouve dans d’autres journaux numériques français : les flèches rouges, les catégories, les flux marqué par des horaires et des temps de la journée. Une chose qui diffère aussi par sa version papier : la possibilité d’émettre des commentaires à la fin d’un article.

Cette neutralité visuelle, provient-elle du fait de contraintes de contenu, ou bien une volonté de limiter l’expressivité de l’objet graphique, afin de ne pas produire quelque choses qui suscitent un désir ou un comportement agressif – puisque je traite d’informations ? Le modèle standardisé d’un journal qui est proposé pourrait-il être alors modifié par un designer graphique ?

Les enjeux d’un tel changement pourrais se heurter à des contraintes techniques, liée à la typographie, à la lisibilité, et tout simplement au coût, qui cloisonne la mise en page d’un journal, du moins dans sa version papier. Dans un journal, le centre d’intérêt de chaque page, son coeur de lecture, son focus, c’est le sujet principal. Il n’y a qu’un seul sujet principal par page. Il occupe la place d’honneur dans le rectangle du tableau : la tête de page. Il bénéficie du plus gros titre. La répartition des autres textes dans la page est déterminée par son format, la force de son titre, son éventuelle illustration.

Nous pouvons alors nous demander pourquoi la version numérique des journaux est-elle calquée sur sa mise en page papier ? Pourquoi les graphistes et webdesigners n’ont pas pris le parti de s’éloigner de la version papier, en créant une interface plus adaptée à la manipulation de l’information. Si le graphiste ne peux pas tout, il pourrais quand même adapter cette ergonomie du temps de l’information (celle numérique qui est diffusée avant sa version papier.)

«Notre équipe se déplace tout au long de l’année pour vous faire vivre une nouvelle expérience d’information.» Cette phrase est extraite du site de présentation de l’application tablette La Presse+, se présentant comme un «outil» d’informations, manipulable, loin des éditions que l’on peut trouver actuellement. Lorsqu’elle l’information est posée sur le papier, elle le reste, immobile, tandis que sur internet, elle évolue constamment, s’ajoute de détails, passe dans les gros titres, puis s’efface en fin de rubrique.

Cette conception de l’information diffère donc par rapport à son support. On pourrais évoquer les «Mooks», ces mi-magazines mi-journaux, sensé proposer une alternative à la presse, en offrant un progrès dans la maquette du journal. Seulement, quand l’intérêt est le contenu, est-ce que le médium doit réellement devenir le message principal ? Le graphiste doit-il tout modifier ?

Fanny C

 

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Version numérique du journal Le Monde
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Le « mook » Revue XX1

 

Application Ipad La Presse+
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Par Fanny Claudon