Les logos de NBA

Dernière mise à jour le 7 février 2021 par LMD

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Fan de basketball depuis de nombreuses années, et plus particulièrement de NBA, la ligue professionnelle américaine, je ne m’étais jamais vraiment arrêté sur l’esthétique des logos des équipes. Symboles incarnant mes équipes favorites, ils ont toujours réussi à me séduire. Désormais étudiant en DSAA Design graphique, je porte sur eux un regard plus critique et interrogateur vis-à-vis de leur esthétique et registre graphique. Pourquoi ont-ils cette esthétique particulière ? Suivent-ils les tendances du graphisme ou au contraire contraire parfaitement autonomes ?

Tentons tout d’abord de les qualifier et d’en dégager des caractéristiques communes :

Ils représentent tous des sortes d’insignes ou de blasons qui vont venir fédérer les équipes. La plupart ont un animal totem ou une figure emblématique. Ces logos font le culte de la virilité, de la puissance mais aussi de la vitesse et du dynamisme. Ils comportent bien souvent des traits symbolisant le mouvement, des formes très acérées, obliques et les typographies sont souvent massives et déformées dans l’espace ou avec des effets.

En regardant l’évolution de ces logos au fil du temps, on peut voir qu’ils évoluent plus ou moins selon les clubs, les tendances et les techniques. On peut par exemple observer que les 76ers sont revenus en 2009 à une version plus proche de celle de 1977, plus plate, sans effet de mouvement ou de profondeur, se rapprochant de ce que l’on désigne aujourd’hui sous le nom de flat design. Il en est de même pour l’équipe des Warriors.

 

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On observe aussi dans les années 1990 de nombreux logos surchargés d’effets. Cela peut sans doit s’expliquer en partie par les progrès techniques et l’arrivée de photoshop et autres.

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Ainsi, le logo des Pistons de Détroit est une véritable accumulation de signes. Il comporte une typographie inclinée dans la profondeur, avec une sorte de textures chromée dont les S forment des pots d’échappement évoquant le passé industriel de la ville. Il présente aussi une figure de cheval, symbole de puissance. Non content de proposer une typographie chromée et enflammée, la crinière du cheval est elle aussi en feu. Il va faire chaud les soirs de match à Détroit.

Cet exemple n’est pas un cas isolé et représente bien d’une manière générale l’esprit de ces logos. Ils sont des accumulations de signes qui doivent immédiatement faire sens, être compris par un maximum de public et jouer sur des valeurs suffisamment large pour toucher tout le monde.

Au-delà de cette idée de toucher un public extrêmement large, ils ont aussi un côté tape-à-l’oeil et extravagant propre à cette ligue, qui fait de chaque match un véritable show. (Mapping sur le terrain, pom-pom-girls, mise en scène de l’arrivée des joueurs, nombreux goodies, etc…)

Je pense donc que ce qui me dérange est cette dualité entre ma vision de graphiste européen et ma fascination pour la culture américaine.

Une partie de moi voudrait crier au scandale et dénoncer ce manque de finesse, cette accumulation de signe clinquants et tape-à-l’oeil, et une autre partie de moi doit bien reconnaître que c’est diablement efficace.

Antoine M.

Par Antoine Mauron