Jeff Hancock : The future of lying

Dernière mise à jour le 7 février 2021 par LMD

Lors de cette présentation sur une scène TEDJeff Hancock analyse l’évolution de nos comportement à l’ère du numérique dans laquelle nous vivons en concentrant sa réflexion sur le mensonge. Il observe dans un premier temps avec surprise que la majeure partie de la communication en ligne ou de celle qui a recours aux technologies est plus honnête qu’en discussion en face à face. Il répond à cela avec une explication plutôt simple : nous avons une raison de mentir. On ment pour se protéger, ou dans notre propre intérêt, ou celui de quelqu’un d’autre. Et la distance et l’invisibilité n’importe pas à ce sujet dans nos conversations en ligne.

En revanche, une particularité du numérique vient transformer notre rapport à la conversation et met en danger notre crédibilité lors d’un mensonge ; c’est l’enregistrement et l’archivage automatique de chaque discussions, chaque mots et chaque signe qui constitue nos échanges. L’écriture n’est apparue qu’il y a environ 5000 ans. Cela signifie que chaque déclaration énoncée auparavant a disparu. L’Homme a donc évolué en parlant d’une manière qui ne laissait aucune trace. D’ailleurs, le second grand changement de l’écriture ne s’est passé qu’il y a 500 ans avec l’imprimerie, donc dans un passé très récent, sachant que le taux d’alphabétisation est resté incroyablement bas jusqu’à la deuxième guerre mondiale. Ainsi, même parmi les hommes des deux derniers millénaires, la plupart des mots qu’ils ont pu dire n’ont jamais été enregistrés et ont disparu a tout jamais.

Jeff Hancock

Jeff Hancock insiste en déclarant que dans un groupe de personne tel que celui présent dans la salle de conférence, l’ensemble des individus a enregistré plus d’informations que presque toute la pré-histoire de l’humanité. Nous avons évolué pour échanger de telle façon que nos mots disparaissaient, mais nous sommes désormais dans un environnement où tout est enregistré. Dans un futur très proche, ce ne sera plus seulement ce qu’on écrit qui sera enregistré, mais surement tout ce que nous faisons. Le mensonge devient une option très risquée, dans le sens où nos propos, nos actions et nos faits sont enregistrés et donc consultables et vérifiables.

Une nouvelle question morale va faire son apparition dans notre quotidien. Quand on dira ou fera quelque chose, est-ce qu’on voudra vraiment laisser ça derrière nous, dans nos archives personnelles, la plupart étant publiques d’ailleurs ? Parce qu’à l’ère numérique dans laquelle nous vivons, à l’ère des réseaux, nous laissons tous des archives.

Antoine DERRIEY