Dernière mise à jour le 7 février 2021 par LMD
Jeudi dernier, nous avons eu la chance d’assister à une conférence menée par David Longuein de ABM Studio.
ABM Studio développe depuis 2012 une activité de conseil et de réalisation autour du numérique. La société PBNL (Pascal Béjean, Olivier Körner, Nicolas Ledoux) et du duo L775 (Jean-Luc Lemaire et David Longuein), qui ont été rejoints par Vincent Piccolo et Philippe Savoir en 2014. Ce Studio mêle graphisme et digital pour concevoir des applications mobile, Ipad, ePub, et identité visuelle de sites Internet.
Lors de son intervention, David Longuein nous a présenté tout d’abord leur site Art Book Magazine. C’est une librairie numérique où le lecteur retrouve des ouvrages digitaux classiques et interactifs autour des thématiques qui réfèrent au graphisme : l’art contemporain, la photographie, l’architecture, la culture numérique et bien sûr la typographie et le design graphique. Ce projet montre un des premiers aspects de la conférence qui m’a interpellée. La création, la conception, et design graphique et développement de ce projet est complètement bénévole de la part du studio. Ils seront bien sûr obligés dans le futur de le faire fonctionner d’une manière commerciale, mais lorsqu’ils l’ont conçu à la base, ce site émanait d’un plaisir à faire partager ces ouvrages qu’ils trouvent remarquables.

Sans forcément mettre l’accent sur un de leur projet, je trouve que la démarche de travail de ce studio est assez inédite. Il nous répétait souvent « je ne vous parle pas de Design Graphique », et je trouve que c’est là ou se trouvait toute la problématique de son intervention. Il nous fait réaliser que ce métier entre dans une tension avec ce qui se faisait auparavant : il essayais vraiment de nous faire comprendre l’évolution du métier qui se produit maintenant pour le designer graphique entre ses travaux de graphisme pur, et les nouvelles demandes des clients (qui en fait viennent dans cette agence pour être conseillés de A à Z).
Je ne pense pas qu’il voulais nous dire qu’il faut être plein de compétences pour être performant dans ce métier, mais bien d’être à l’affût de la création de nouveaux concepts de communication. Il s’agit également pour le graphiste de 2015 d’inventer de nouvelles narrations qui se servent des supports, presque d’aller plus loin que le support en lui même. Ce studio aide ses clients à penser la meilleur façon de communiquer une idée, un projet, un livre ou une marque.
Le message qu’il voulais faire passer sur le débat livre numérique opposé à livre papier, était que le studio exploite toutes les possibilités qu’on peut et ne peut pas avoir sur le papier, pour les ré-injecter dans une version multimédia. Ils considèrent finalement que le numérique est un enrichissement du contenu que l’on aurais pas pu avoir sur papier. Les « défauts » du papier sont une manière d’inventer de nouveaux services numériques.
Pour finir, ce studio adopte une grande flexibilité par rapport à la mondialisation du design graphique. Ils sont extrêmement pointus sur le fait que le design doit s’exporter et se vivre dans plusieurs pays en même temps. Ils prennent un soin très particulier à gérer les langues dans lesquelles ils créent leur design, et je pense que c’est une démarche « responsive » que nous devons adopter dans le futur. Comme David le disait à la fin, le métier de designer graphique évolue vers une démarche d’ergonomie, de marketing, de relation diplomate et confiante avec le client. Ces points sont à prendre en compte d’une manière aussi importante que la création artistique.

Pour cette application, c’est le concept qui est inédit (celui de créer une application réservée à un artiste pour qu’il montre ses travaux). La plus value du numérique par rapport au papier se situe dans le fait que l’artiste est libre d’ajouter ses nouvelles oeuvres car il a un certain contrôle sur son application, mais aussi le fait que le lecteur peut télécharger uniquement le contenu qui l’intéresse.

Le contenu à gérer étant très important, le studio a pris soin de proposer une lecture riche mais épurée, avec une certain scénario dans le contenu. Ce scénario induit donc qu’il faut trouver des solutions pour capter l’attention du lecteur et lui proposer une lecture plus poussée. (Le studio était lui même étonné des statistiques assez élevées de la lecture dans l’application.) De plus, la part marketing et la visibilité est assez importante dans ce genre de projets. Il est bénéfique pour l’application d’être en lien avec l’Apple Store, qui lui permet d’avoir des statistiques d’achats et lectures, mais aussi qui permet de rester en vue pendant quelques semaines.)
Fanny Claudon