L’empreinte du designer

Dernière mise à jour le 7 février 2021 par LMD

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L’oeuvre d’Andy Goldworthy s’inscrit dans le mouvement Land Art. Elle va ici être prétexte à nous poser des questions d’actualité sur le design et plus généralement l’art, la principale étant la place du créateur dans son œuvre.
L’empreinte est une expérience dont l’aboutissement est le produit d’un contact par pression d’un corps contre une surface et dont le résultat génère une forme.
La question de l’empreinte peut soulever la problématique de la présence de l’artiste dans l’oeuvre, sur sa représentation au sein même de l’oeuvre, mais également sur la trace qu’il laisse dans celle-ci. On peut également dans cette démarche, s’interroger sur la notion de temporalité et de pérennité de la production artistique, mais aussi sa dimension de hasard.
Dans cette production de Goldworthy, l’artiste fait corps avec son œuvre : Sa présence est évoquée et suggérée, pourtant on ne voit pas directement son corps. L’artiste réalise une empreinte dans la neige avec son propre corps, qui laisse place à la trace et à la mémoire de celui-ci : on peut donc supposer la position de l’artiste durant le processus de création de l’oeuvre, puisqu’on devine la forme de son corps. Son corps à donc été à un moment donné moteur de la performance, et utilisé comme outil de création.
Nous pouvons également nous interroger sur la manière d’appréhender la temporalité dans l’oeuvre. Ici, l’oeuvre de Goldworthy est éphémère. Le support utilisé est un élément naturel (la neige) qui va fondre et l’oeuvre va progressivement disparaître avec le temps. C’est une caractéristique évidente du Land Art, mais qui peut être utilisée dans d’autres circonstances dans le domaine du design graphique tel que la pérennité de certains médias, ou encore la performance artistique. Toutefois, cette œuvre est pérenne grâce à son immortalisation par la photographie, qui permet d’accéder à une œuvre qui n’existe plus, et donc de la conserver.
Beaucoup d’artistes ou de designers utilisent aujourd’hui des processus artistique faisants intervenir le hasard. La ‘non maîtrise’ des choses peut devenir une démarche créative et donner lieu à des œuvres tout à fait étonnantes et inhabituelles. Nous pouvons donc dans un dernier temps nous questionner sur la dimension hasardeuse du processus, puisque la démarche de Goldworthy n’est pas complètement contrôlée. En effet, il ne connaît pas d’avance la quantité de flocons, ni les endroits précis où ils vont tomber. Il y a donc le facteur du hasard qui intervient dans cette œuvre.
Cette œuvre soulève donc plusieurs problématiques de l’art contemporain qui sont la trace de l’artiste dans l’oeuvre, la notion de temporalité au sein de l’oeuvre, et également le hasard et le processus incontrôlé. Ces thèmes sont également présents dans le domaine du design graphique, et nous font nous interroger sur cette question primordiale dans notre monde actuelle : quelle est la place de l’artiste dans sa propre production, et quelle trace laissera t’il grâce à son œuvre ?

 

Emilie R