Archives de catégorie : mémoire

Articles sur le mémoire de macro-projet

La montre : support de l’avenir ?

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  En 2014 les montres Android Wear initie le mouvement montre connectée, rapidement rattrapé en 2015 par Apple qui estime vendre 10 à 20 millions de ses montres avant la fin de l’année.

  Avec l’arrivée récente de l’Apple Watch sur le marché, c’est tout un nouvel univers qui s’ouvre pour les designers du numérique… Ce support connait ses propres particularités et contraintes : sa petite taille oblige à penser une interface minimale et tactile à un unique doigt. Et si cette simplicité des interfaces était déjà une tendance dans le milieu du web, notamment mobile, elle devient désormais une évidence.

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  La technologie comme extension de l’Homme poursuit son avancée, et avec la montre connectée, c’est désormais à même la peau qu’elle se porte. Les marques misent sur l’aspect personnel, intime que crée leurs montres. L’aspect novateur permet à la fois de conquérir et d’étendre un public toujours plus connecté.

Devenant un bijou, l’Apple Watch est personnalisable et se veut propre à chacun. Misant pour cela sur ses 3 collections : Classique / Sport / Edition

Si cela présente des avantages de taille et d’emplacement permettant qu’un accès rapide à tout l’univers Apple; de nombreux inconvénients sont pointés du doigt : le chargement (batterie), le prix (les montres Apple vont de 399euros à 18 000, suivant le modèle), la synchronisation obligatoire Apple Watch / Iphone pour télécharger et utiliser une application.

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  Pour la montre connectée l’enjeux est maintenant de déterminer si elle deviendra le nouveau support sur lequel il faudra compter ou si elle se cantonnera à être un simple accessoire de mode ?


Pour aller plus loin sur le sujet : une étude de marché par La Réclame, sur la manière dont les marques exploitent la montre connectée.

Par Tifaine Lern

Les Editions Volumiques

Les Editions Volumiques. Fondées par Etienne Mineur et Bertrand Duplat en 2010, les Editions Volumiques s’interrogent sur le rapport au papier et se se jouent des conventions. Elles créent avec profusion et poussent toujours plus loin l’expérimentation. C’est avant tout un laboratoire autour d’une nouvelle façon de voir et d’appréhender le livre et le jeu.


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« Le monde de Yo-Ho » : entre jeu de plateau et jeu vidéo


Peut-on lier le print et le numérique ? Pour les Editions Volumiques, le numérique et l’imprimé ne sont pas en confrontation mais au contraire se complètent et même plus, se subliment.

Leur objectif est de relier le matériel et l’immatériel.

Quel intérêt ? Bien que dans la continuité du livre animé, l’ouvrage est actualisé et l’aspect manuel remplacé par le numérique. L’intérêt est de stimuler l’imagination. Les possibilités deviennent infinies, seulement limitées à l’inventivité de son créateur comme de son utilisateur.

Le jeu. Les Editions Volumiques se font un plaisir de toujours intégrer la notion de découverte et d’émerveillement. Ici le jeu vient s’intégrer à leurs création et, pour les petits comme pour les grands, l’aspect ludique permet d’échanger, de s’interroger et avant tout de s’amuser ensemble.

Le lien est une notion forte chez les Editions Volumiques : autant entre le papier et le numérique qu’entre les personnes…


« Balloon PaperApp » : un jeu permettant de piloter son ballon en utilisant  à la fois d’utiliser un livre et un support tactile. 

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« Le livre qui disparait » : un livre qui se recouvre progressivement d’encre et devient illisible après 20min


Pour en découvrir plus : le site des Editions Volumiques

Par Tifaine Lern

Designer graphique ou designer ergonome ?

Jeudi dernier, nous avons eu la chance d’assister à une conférence menée par David Longuein de ABM Studio.
ABM Studio développe depuis 2012 une activité de conseil et de réalisation autour du numérique. La société PBNL (Pascal Béjean, Olivier Körner, Nicolas Ledoux) et du duo L775 (Jean-Luc Lemaire et David Longuein), qui ont été rejoints par Vincent Piccolo et Philippe Savoir en 2014. Ce Studio mêle graphisme et digital pour concevoir des applications mobile, Ipad, ePub, et identité visuelle de sites Internet.

Lors de son intervention, David Longuein nous a présenté tout d’abord leur site Art Book Magazine. C’est une librairie numérique où le lecteur retrouve des ouvrages digitaux classiques et interactifs autour des thématiques qui réfèrent au graphisme : l’art contemporain, la photographie, l’architecture, la culture numérique et bien sûr la typographie et le design graphique. Ce projet montre un des premiers aspects de la conférence qui m’a interpellée. La création, la conception, et design graphique et développement de ce projet est complètement bénévole de la part du studio. Ils seront bien sûr obligés dans le futur de le faire fonctionner d’une manière commerciale, mais lorsqu’ils l’ont conçu à la base, ce site émanait d’un plaisir à faire partager ces ouvrages qu’ils trouvent remarquables.

Art Book Magazine
Art Book Magazine

Sans forcément mettre l’accent sur un de leur projet, je trouve que la démarche de travail de ce studio est assez inédite. Il nous répétait souvent « je ne vous parle pas de Design Graphique », et je trouve que c’est là ou se trouvait toute la problématique de son intervention. Il nous fait réaliser que ce métier entre dans une tension avec ce qui se faisait auparavant : il essayais vraiment de nous faire comprendre l’évolution du métier qui se produit maintenant pour le designer graphique entre ses travaux de graphisme pur, et les nouvelles demandes des clients (qui en fait viennent dans cette agence pour être conseillés de A à Z).

Je ne pense pas qu’il voulais nous dire qu’il faut être plein de compétences pour être performant dans ce métier, mais bien d’être à l’affût de la création de nouveaux concepts de communication. Il s’agit également pour le graphiste de 2015 d’inventer de nouvelles narrations qui se servent des supports, presque d’aller plus loin que le support en lui même. Ce studio aide ses clients à penser la meilleur façon de communiquer une idée, un projet, un livre ou une marque.

Le message qu’il voulais faire passer sur le débat livre numérique opposé à livre papier, était que le studio exploite toutes les possibilités qu’on peut et ne peut pas avoir sur le papier, pour les ré-injecter dans une version multimédia. Ils considèrent finalement que le numérique est un enrichissement du contenu que l’on aurais pas pu avoir sur papier. Les « défauts » du papier sont une manière d’inventer de nouveaux services numériques.

Pour finir, ce studio adopte une grande flexibilité par rapport à la mondialisation du design graphique. Ils sont extrêmement pointus sur le fait que le design doit s’exporter et se vivre dans plusieurs pays en même temps. Ils prennent un soin très particulier à gérer les langues dans lesquelles ils créent leur design, et je pense que c’est une démarche « responsive » que nous devons adopter dans le futur. Comme David le disait à la fin, le métier de designer graphique évolue vers une démarche d’ergonomie, de marketing, de relation diplomate et confiante avec le client. Ces points sont à prendre en compte d’une manière aussi importante que la création artistique.

Application de l'artiste contemporain Claude Lévêque Pour cette application, c'est le concept qui est inédit (celui de créer une application réservée à un artiste pour qu'il montre ses travaux). La plus value du numérique par rapport au papier se situe dans le fait que l'artiste est libre d'ajouter ses nouvelles oeuvres car il a un certain contrôle sur son application, mais aussi le fait que le lecteur peut télécharger uniquement le contenu qui l'intéresse.
Application de l’artiste contemporain Claude Lévêque
Pour cette application, c’est le concept qui est inédit (celui de créer une application réservée à un artiste pour qu’il montre ses travaux). La plus value du numérique par rapport au papier se situe dans le fait que l’artiste est libre d’ajouter ses nouvelles oeuvres car il a un certain contrôle sur son application, mais aussi le fait que le lecteur peut télécharger uniquement le contenu qui l’intéresse.

Application Louis Vuitton / Les 100 Malles Le contenu à gérer étant très important, le studio a pris soin de proposer une lecture riche mais épurée, avec une certain scénario dans le contenu. Ce scénario induit donc qu'il faut trouver des solutions pour capter l'attention du lecteur et lui proposer une lecture plus poussée. (Le studio était lui même étonné des statistiques assez élevées de la lecture dans l'application.) De plus, la part marketing et la visibilité est assez importante dans ce genre de projets. Il est bénéfique pour l'application d'être en lien avec l'Apple Store, qui lui permet d'avoir des statistiques d'achats et lectures, mais aussi qui permet de rester en vue pendant quelques semaines.)
Application Louis Vuitton / Les 100 Malles
Le contenu à gérer étant très important, le studio a pris soin de proposer une lecture riche mais épurée, avec une certain scénario dans le contenu. Ce scénario induit donc qu’il faut trouver des solutions pour capter l’attention du lecteur et lui proposer une lecture plus poussée. (Le studio était lui même étonné des statistiques assez élevées de la lecture dans l’application.) De plus, la part marketing et la visibilité est assez importante dans ce genre de projets. Il est bénéfique pour l’application d’être en lien avec l’Apple Store, qui lui permet d’avoir des statistiques d’achats et lectures, mais aussi qui permet de rester en vue pendant quelques semaines.)

Fanny Claudon

Dépendance aux smartphones

http://www.konbini.com/fr/tendances-2/court-metrage-addiction-smartphone-tue/

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Aujourd’hui, l’homme subit une réelle dépendance aux objets numériques. Le rapport à ces objets est souvent lié à une forme de dépendance répétitive, boulimique et compulsive des corps usuels qui nous entourent. En effet, la technologie est présente dans de nombreux domaines : la médecine, la science, la communication, l ‘éducation, le confort au quotidien (appareils domestiques)… Mais y a t’il des limites à poser face aux prouesses qu’elles peuvent nous apporter ?

L’utilisation abusive des nouvelles technologies est comme une drogue au quotidien qui peut engendrer certains problèmes. Les étudiants à l’Ecole centrale des beaux-arts de Pékin ont imaginé un court métrage qui démontre la manière dont l’addiction au smartphone peut provoquer autant d’inattention que de stupidité de la part de son utilisateur. Cette vidéo ne comporte pas de paroles, les scènes parlent d’elles mêmes, en exposant des actions du quotidien.

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L’homme cherche à construire des objets de plus en plus à son image (intelligence artificielle) pour lui déléguer des fonctions diverses et pour que celui-ci assure des tâches que l’homme devrait lui-même effectuer. Nous pouvons donc observer une humanisation de l’objet, qui rends l’homme de plus en plus dépendant et assisté par ces objets.

Le téléphone portable devient dès lors une extension de nous même, dont on se sert pour diverses raisons (communiquer, se repérer, s’informer, se cultiver, se divertir …) Cela nous fait oublier le monde qui nous entoure, et nous enferme dans un monde virtuel. L’évolution des rapports sociaux et des échanges dans la sphère professionnelle ou personnelle à complètement changé depuis l’apparition des smartphones. En effet, aujourd’hui on communique via sms, les réseaux sociaux ou diverses plateformes de communication, en oubliant de communiquer avec le monde réel qui nous entoure. C’est en cela que l’amélioration technologique affaiblit l’homme, et que la dépendance aux nouvelles technologies peut devenir une addiction, voir une aliénation.

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Par Emilie Roquet

SACRÉS CARACTÈRES

La typographie est notre principal outil de communication. Son choix est donc important puisqu’il détermine une volonté graphique. Pourtant, pour certains, la typographie n’est que le moyen de communiquer un message par sa simple lecture et ne saisissent pas toute la force que peut générer la forme d’un caractère, son dessin. En tant que graphiste, on est nous même confronté à ce problème : Quel typographie dois-je utiliser pour véhiculer un message cohérent avec mon projet ?

La typographie est ancrée dans notre société, elle est culturelle et historique. Elle appartient à notre patrimoine. Chaque police de caractère marque notre temps par ces utilisations. Parfois culte, adorée puis boudée, elle finit souvent par revenir dans notre paysage. Peut-on alors parler d’intemporalité ? On constate que certaines typographies créées au XIXè siècle sont toujours utilisées alors que d’autres plus récentes sont à bannir. C’est par exemple le cas de la typographie Comic Sans Ms qui a fait l’objet d’une campagne lancée par des graphistes afin de l’éliminer ou d’en diminuer l’usage. Au delà de son dessin, il est reproché à la police d’être utilisée trop souvent et à mauvais escient banalisant ces spécificités et caractéristiques. Rappelons qu’au début, son créateur Vincent Connare destiné cette typographie comme écriture dans les programmes pour enfants.

Rappelons qu’une typographie doit être utilisée pour signifier quelque chose, pour renforcer un message, un ton. Mais alors comment mettre en avant sa richesse ? Comment faciliter son apprentissage et rendre accessible son usage et son évolution dans le temps ?

Aujourd’hui, on peut trouver de nombreux manuels retraçant l’histoire de la typographie mais leurs apprentissages peuvent devenir vite laborieux pour l’utilisateur. Comment renouveler le livre de typographie ? Comment toucher de nouvelles cibles ?

Thomas Sipp c’est intéressé à la question.  « Les polices de caractères sont des formes  que je manipule quotidiennement et je ne connais rien sur elles. » À partir de ce constat, il décide de proposer un support pédagogique qui aborderait l’enseignement de la typographie mais sous une autre forme. Ainsi, il crée la web série Sacrés Caractères dans l’idée que la typographie a elle aussi sa place dans le milieu des arts et qu’elle devrait être accessible à tous. Sous forme de cours documentaires, il aborde différentes polices qui ont marqué l’histoire, raconte et met en scène leur évolution au cours du temps. La narration sous forme de motion design lui permet de proposer une nouvelle forme d’apprentissage plus didactique, privilégiant un ton ludique et poétique.

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La Web série dispose actuellement de 12 épisodes que vous pouvez voir en intégralité sur un site dédié de France Culture : http://nvx.franceculture.fr/sacres-caracteres/.

Sophie Lejot

Questionnement des normes

Les deux objets de la biennale du design qui nous ont interpellés sont une carte édité à l’envers et une horloge qui possède son cadran inversé ainsi que le mouvement des sens des aiguilles.
Ce sont tout les deux des objets du quotidien avec lesquels nous interagissons et nous nous sommes habitué à cette vision normalisé des aiguilles d’une horloge qui tourne dans le même sens (d’ailleurs pour définir un sens lors d’un jeu on dit souvent dans le sens ou le sens inverse des aiguille d’une montre), et d’une carte du monde à « l’endroit ».
Le fait d’inverser ces deux codes qui pour nous occidentaux nous paraissent universel va perturber le sens du spectateur et lui faire perdre ses repères et considérer ce nouveau sens comme différent ou bien faux. Simplement le fait des changer ces codes ne les rends pas faux pour autant (ni plus véridique), Il s’agit juste d’une autre vision d’un objet du quotidien, il faut réapprendre à redécouvrir cet objet et à le déchiffrer comme on a pu faire quand on était jeune en apprenant soit à lire l’heure soit la géographie.

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Cet critique de code, de norme a été (pour l’horloge) a été mené par le ministre des affaire étrangères Bolivien en déclarant que ce qui parait naturel vient d’une décision arbitraire devenue une norme établie, une convention. Pour lui l’Occident à imposé le sens de lecture de l’heure, alors qu’en Bolivie ils lisaient l’heure dans le sens «inverse». Il souhaite se détaché de l’emprise qu’ont les codes occidentaux à se propager en dépis des habitudes vernaculaire de certains pays.
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Pour la mappemonde, il s’agit pour l’artiste Stuart McArthur de montrer qu’il existe plusieurs visions du monde selon le point de vue duquel on se place. Par exemple une mappemonde de provenance européenne mettra au centre l’Europe, contrairement à une carte américaine, les USA seront au centre du planisphère (il en est de même pour les autres grandes puissances). Les grandes puissances veulent se mettent au centre du monde pour une question d’égo et de visibilité aussi. L’artiste a voulu mettre l’Australie au centre (son pays d’origine) et retourner la carte pour dans un certain sens retourner les puissances mondial.
En conclusion on peut dire que ces deux productions ont pour but de bousculer nos propres pratiques en se détachant de nos propres modèles ; ils rejettent la norme et l’universalité en condamnant nos automatisme et nos habitudes et en remettant en cause notre perception, notre regard ainsi que notre vision du monde. Ces deux créations questionnent l’occidentalisation du monde en intégrant le principe de pouvoir et ses limites, et des conventions des mesures qui sont établies dans le monde.

Sophie Lejot et Lucille Dobler

Clip musical tourné dans GTA5

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Ce clip musical réalisé par deux créatifs Français, Etienne et Julien-Pierre a leurs heures perdues m’a interpellé pour son lien étroit entre réel et fiction, entre jeux vidéo et réalité.

Les jeux vidéos de la série GTA sont connus pour leur réalisme toujours poussé au plus haut point. Dans ses jeux, on peut réaliser quasiment n’importe quelle action de la vie réelle, y compris nos vices les plus profonds en toute impunité. Ce jeu soulève fréquemment des débats justement pour ce niveau de réalisme et la projection qu’ont les joueurs dans le jeu.

Je trouve qu’ici, un questionnement supplémentaire est apporté, car on se sert du jeu pour l’incarner dans le réel en le transformant en clip de musique. Les créateurs expliquent qu’ils ont passé du temps à tourner les plans du clip, à tourner au moment où les conditions météorologiques du jeu étaient favorables. On y retrouve tout le soin et tout le processus de travail qu’aurait engendré un vrai clip, alors qu’il ne s’agit que d’un jeu. Il y a alors une inter-dépendance entre le réel et la fiction, puisque les deux vont s’influencer et se répondre mutuellement. (Les créateurs s’impliquent dans le jeu comme dans la réalité, et le jeu s’incarne dans la réalité comme un vrai clip musical)

Il pose des questions de vie réelle et de vie numérique, et du rôle que peuvent jouer les jeux vidéos, au-delà du simple postulat qui anime les débats : « les jeux vidéos rendent violents et isolés ».

Le lien du clip : https://vimeo.com/123745664

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Par Antoine Mauron

Archivage numérique

Le Centre Pompidou accueille en ce moment une exposition intitulée Une histoire : art, architecture, design, des années 1980 à nos jours. L’une des parties de l’exposition s’intéresse au rôle de l’artiste en tant qu’archiviste : ce thème a été très apprécié par les artistes des années 60 aux années 90. Je me suis alors demandé ce qu’il en était de cette conception de l’archive aujourd’hui, chez les artistes mais également chez les designers.

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Toutes les oeuvres présentées envisageaient l’archive comme une trace physique, un object ou une photographie qui avait une matérialité. Les oeuvres prenaient la forme de série, d’empilement, de collecte, etc. En regardant une oeuvre de Christian Boltanski intitulée Les archives de Christian Boltanski (1989), un gigantesque empilement de boîtes en fer contenant des photos de son enfance, une réflexion très naïve m’est venue : ces photos auraient pris moins de place si elles avaient été en format numérique. Derrière la naïveté de la remarque, on pouvait en réalité déceler une piste de réflexion intéressante concernant la mutation du processus d’archivage : l’archive numérique ne prend pas de place physique, elle est immatérielle et impalpable, elle met donc en jeu des réflexions nouvelles sur notre manière de classifier les choses. Nous ne sommes plus contraints par l’espace physique et la nécessité de trouver des endroits où stocker les documents. Aujourd’hui cela tient sur une clé USB de quelques centimètres. Cela peut induire un nouveau niveau d’exhaustivité du processus d’archivage : si il n’y a plus de limite spatiale, on peut imaginer tout archiver, sans ordre de priorité, en classant des photos personnelles au même rang que des documents administratifs, etc. Ces fichiers sont semblables dans leur format et leurs aspects techniques : l’archivage numérique abolit le caractère précieux des documents que l’on décide de garder, il nous soustrait à l’obligation de hiérarchiser les documents qui valent la peine d’être gardé.

Par Marion Desmonnet

Jeff Hancock : The future of lying

Lors de cette présentation sur une scène TEDJeff Hancock analyse l’évolution de nos comportement à l’ère du numérique dans laquelle nous vivons en concentrant sa réflexion sur le mensonge. Il observe dans un premier temps avec surprise que la majeure partie de la communication en ligne ou de celle qui a recours aux technologies est plus honnête qu’en discussion en face à face. Il répond à cela avec une explication plutôt simple : nous avons une raison de mentir. On ment pour se protéger, ou dans notre propre intérêt, ou celui de quelqu’un d’autre. Et la distance et l’invisibilité n’importe pas à ce sujet dans nos conversations en ligne.

En revanche, une particularité du numérique vient transformer notre rapport à la conversation et met en danger notre crédibilité lors d’un mensonge ; c’est l’enregistrement et l’archivage automatique de chaque discussions, chaque mots et chaque signe qui constitue nos échanges. L’écriture n’est apparue qu’il y a environ 5000 ans. Cela signifie que chaque déclaration énoncée auparavant a disparu. L’Homme a donc évolué en parlant d’une manière qui ne laissait aucune trace. D’ailleurs, le second grand changement de l’écriture ne s’est passé qu’il y a 500 ans avec l’imprimerie, donc dans un passé très récent, sachant que le taux d’alphabétisation est resté incroyablement bas jusqu’à la deuxième guerre mondiale. Ainsi, même parmi les hommes des deux derniers millénaires, la plupart des mots qu’ils ont pu dire n’ont jamais été enregistrés et ont disparu a tout jamais.

Jeff Hancock

Jeff Hancock insiste en déclarant que dans un groupe de personne tel que celui présent dans la salle de conférence, l’ensemble des individus a enregistré plus d’informations que presque toute la pré-histoire de l’humanité. Nous avons évolué pour échanger de telle façon que nos mots disparaissaient, mais nous sommes désormais dans un environnement où tout est enregistré. Dans un futur très proche, ce ne sera plus seulement ce qu’on écrit qui sera enregistré, mais surement tout ce que nous faisons. Le mensonge devient une option très risquée, dans le sens où nos propos, nos actions et nos faits sont enregistrés et donc consultables et vérifiables.

Une nouvelle question morale va faire son apparition dans notre quotidien. Quand on dira ou fera quelque chose, est-ce qu’on voudra vraiment laisser ça derrière nous, dans nos archives personnelles, la plupart étant publiques d’ailleurs ? Parce qu’à l’ère numérique dans laquelle nous vivons, à l’ère des réseaux, nous laissons tous des archives.

Antoine DERRIEY

 

 

Les conférences du site LES ERNEST

Avant les dernières vacances, nous avons pu avec Antoine nous rendre à une exposition réalisée à l’ENSBA de Lyon, dans le cadre de la préparation de la manifestation Exemplaires. Formes et pratiques de l’édition.
Ce travail à été réalisé avec des étudiants et des professeurs.
Outre le fait que cette exposition était essentiellement composée d’ouvrages, destiné ou non à un public averti au design, les étudiants avait également retenu le site :
http://www.les-ernest.fr/

Celui-ci m’a paru intéressant, puisqu’il était placé au même niveau que des ouvrages papier. Si je me questionne par rapport à la raison pour laquelle il a été retenu, je pense que c’est dans le fait que le savoir (ici plutôt orienté pour des universitaires), nous est mis à disposition dans une version courtes et efficaces, même on visionne la vidéo en étant novice dans un sujet.
Le processus éditorial de ce site essaye d’ouvrir des territoires très précis à des personnes qui n’aurais pas pu forcément trouver ce type de document (la conférence), grâce à des professionnels compétents et des sources sûres. La forme de ce site offre un certain gage de qualité de son contenu.

En plus de la forme de ce site qui pourrais s’apparenter aux conférences TED (séries de conférence à but non lucratif), j’ai trouvé que le contenu était peut être intéressant pour nos différents sujets de mémoires.

Fanny C

Les ernest propose plusieurs catégories pour classer ses conférences
Les ernest propose plusieurs catégories pour classer ses conférences

Par Fanny Claudon